Sigma Technologies

Apres gibraltar en 2016, dino sebti franchit le detroit de bonifacio


Dino Sebti, fondateur de la société de production Sigma Technologies et producteur de nombreux spots publicitaires et films documentaires, est aussi un homme poisson !

Après avoir franchi le Détroit de Gibraltar, en septembre 2016, pour sa première expérience de traversée en haute mer, il a choisi un an plus tard de s’imposer un défi encore plus éprouvant en se lançant, avec un groupe de nageurs passionnés - « open water swimmers » -, dans la traversée du Détroit de Bonifacio séparant la Corse de la Sardaigne.

Précisons que Dino Sebti avait été en 2016 le premier Marocain homologué par la WOWSA (World Open Water Swimming Association), c’est à dire qu’il se spécialise dans des épreuves réalisées en maillot (sans bénéficier de la protection thermique d’une combinaison et d’une flottabilité améliorée) et bonnet de silicone (sans néoprène).

« Le détroit de Gibraltar avait été finalement assez facile à vaincre, me laissant l’envie d’aller plus loin, raconte Dino. Alors nous avons eu envie de quelque chose de plus copieux, pour aller un peu plus au bout de nous-mêmes. Nous n’avons pas été déçus… Cela a été une traversée magnifique mais Dieu que ce fut difficile ! ».

Dino Sebti (MAR/USA) et ses compagnons de nage Pierre Weisbein (FR/USA), Joseph Heb (GER), Filippo Fagiolli (ITA), Paulo Pirchio (ITA) portent donc leur choix sur le Détroit de Bonifacio, une distance relativement similaire à celle de Gibraltar (17 vs 15 km) mais avec des conditions de vents et de courant beaucoup plus rudes.

C’est donc le 30 septembre 2017 à 5h30 que tous les cinq se mettent à l’eau depuis la plage de Santa Theresa à la pointe nord-ouest de la Sardaigne. Ils sont encadrés par une petite équipe d’organisateurs et d’accompagnateurs à bord de bateaux pneumatiques, kayaks et paddles.

Ils nagent d’abord près de 90 minutes dans le noir total et se font presque immédiatement attaquer par des méduses. L’une d’elle pique Dino à l’oreille et en pleine bouche. Il en gardera la lèvre enflée jusqu’à la fin de l’épreuve.

Le jour enfin levé, aux deux tiers du parcours, en pleine vitesse de croisière dans une mer qui paraît calme, ils ne prennent pas conscience du courant puissant qui leur fait faire du sur place pendant près de deux heures… A posteriori, le calcul des brassées, sur leur compteur de longueurs, démontre qu’ils auraient nagé l’équivalent de 29 kilomètres sur un parcours réel de 17.

Ils ne sont qu’à seulement cinq kilomètres de l’arrivée et, après quatre heures de nage, doivent puiser dans leurs dernières ressources pour augmenter la cadence et avancer plus rapidement que le courant pour sortir de la zone de turbulence.

Difficulté supplémentaire jouant sur la motivation, dès le départ, les falaises des côtes corses sont bien visibles, rendant presque impossible l’évaluation des distances.

Après un total de près six heures d’effort, la petite armada touche enfin au rivage de l’Ile de Beauté, près de Bonifacio, épuisée mais avec la fierté du défi relevé haut la main. Le temps réalisé importe peu. La victoire étant d’avoir résisté à l’abandon et tenu jusqu’au bout !

« Nous étions vraiment seuls face aux difficultés, témoigne encore Dino Sebti, car le staff organisateur ne parlait pas un mot d'anglais ou de français. Donc pas de communication possible pour nous expliquer quoi que ce soit pendant la traversée… Ils ont tout de même réussi à nous dire, après coup, que c'était la traversée la plus difficile qu'ils aient connue. Bref, c'était très dur cette fois-ci... But we did it ! »

A peine sortis l’eau, Dino et son équipe recommencent à rêver… Prochain rendez-vous au Morocco Swim Trek, le rendez-vous fou des nageurs du monde entier dans la lagune de Dakhla : quatre jours de nage pour un total de 30 kilomètres du 28 novembre au 3 décembre 2017.

Quant à une prochaine grande traversée hauturière, elle est déjà au programme : plus dure, plus longue, plus « challenging » encore, assurément. Et ce sera sans doute une première… Sur ce point, Dino reste muet comme un poisson : « Je ne vous dirai ni quand, ni où, car si on s’annonce avant, d’autres s’empresseront de le faire avant nous ! »