Impact du repos biologique sur la pêche à Dakhla. Des mesures concertées pour protéger la richesse halieutique de la région et le pouvoir d'achat des pêcheurs



Suite au report de la campagne de pêche au poulpe et à l'interdiction de toutes les activités de pêche dans la région de Dakhla Oued Eddahab, les autorités compétentes ont initié des mesures correctives pour faire adhérer les professionnels de pêche à la préservation de la richesse halieutique de la région et éviter sa déperdition. La décision était difficile mais nécessaire. L'interdiction provisoire de pêche dans la région de Dakhla Oued Eddahab a été décrétée à la lumière des résultats d'investigations menées par l'Institut national de recherche halieutique (INRH) qui ont révélé une dégradation du potentiel halieutique de la région, occasionnée par le nombre très important d'embarcations et de navires actifs dans la zone et la pression qu'ils exercent sur ce potentiel au risque d'en provoquer l'épuisement irrémédiable. L'instauration du repos biologique par le Département de la pêche, conformément au plan d'aménagement des espèces débarqués et à la stratégie Halieutis, a été saluée par une partie des professionnels qui y voit un acte responsable pour préserver et régénérer les richesses halieutiques de la région et freiner la surexploitation des pêcheries.

Cette décision a suscité, néanmoins, la protestation de marins de la pêche artisanale et ceux qui s'adonnent à la pêche illicite, ainsi que de jeunes tenant des embarcations vivrières, en raison de l'impact socio-économique du gel de toute activité de pêche sur leurs revenus et sur leurs familles. L'hiver dernier, plus de 11.160 tonnes de poulpe, d'une valeur de 953 MDH, ont été débarqués dans 4 villages de pêche artisanale de la région de Dakhla Oued Eddahab (Labouirda, Lassargua, N'tireft et Imoutlane) et qui emploient entre 3.000 et 8.000 marins-pêcheurs. Immanquablement, le repos biologique prolongé de 6 mois a généré une crise au sein de ce secteur dont dépend une large frange de la population locale, ainsi que l'économie de la région. UN ACCOMPAGNEMENT SOUTENU Face à l'ampleur de la crise socio-économique qui a touché le secteur, des réunions ont été menées dans le cadre de commissions mixtes locales et régionales, sous la supervision du Wali de la région et en partenariat avec des différentes composantes de la pêche dans la région.

L'objectif est d'abord de faire adhérer tous les professionnels aux mesures de régulation de la pêche qui visent à préserver les richesses halieutiques de la région et à pérenniser les revenus qu'en tirent les pêcheurs, industriels ou artisanaux.

L'objectif est également de recenser les embarcations au niveau de chaque site de pêche pour apporter l'appui nécessaire aux pêcheurs impactés et préserver leur pouvoir d'achat. Chemin faisant, des mesures correctives sont à l'étude pour garantir les droits de tous les professionnels et garantir le fonctionnement normal des différentes composantes du secteur de la pêche, en agissant sur certaines pratiques qui conduisent à la surexploitation des pêcheries et la baisse des stocks disponibles.

Pour accompagner et suivre les travaux de ces commissions, le wali de la région a installé un poste de commandement pour coordonner et accélérer la prise de décisions, particulièrement celles visant la résorption de l'impact de la crise sur la population de pêcheurs dans la région. Une évaluation de ce dispositif sera réalisée à l'issue de travaux des commissions locales pour appuyer les bonnes initiatives et procéder aux ajustements nécessaires pour mieux gérer cette crise. Rappelons que le secteur de la pêche revêt une importance capitale dans la région. En 2021, le port de Dakhla a connu le débarquement de 572.593 tonnes, enregistrant une valeur record de plus de 2.81 milliards de dirhams (MMDH) et une augmentation de 34,67% comparativement à 2020.